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Traitement de conservation à longue durée des papiers barytés
En photographie, le support papier doit être aussi résistant et
aussi permanent que possible. Il ne doit pas interagir chimiquement
avec l'émulsion aux halogénures d'argent. Il doit également être
physiquement et chimiquement résistant aux divers traitements
chimiques nécessaires pour produire l'image argentique. Le document
photographique ainsi obtenu, s'il est entreposé dans des conditions
idéales, peut alors être conservé presque indéfiniment.
En raison de la qualité variable et de la rareté relative des chiffons
de coton disponibles à cette époque, il a fallu trouver un matériau de
base standardisé. La pâte de bois était une source potentielle. Les
impuretés ont été éliminées de manière à ce que la cellulose soit d'une
pureté similaire à celle du coton fraîchement cueilli.4 Cependant, la
pureté de cette pâte de bois devait être maintenue jusqu'au le produit
final, le papier. Des recherches approfondies ont finalement abouti à un
papier de pulpe de bois dont la qualité n'était en rien inférieure à celle
du papier fabriqué à partir de chiffons de qualité. Une émulsion
photographique sur du papier de pâte de bois, selon des études
approfondies5, a des propriétés de conservation équivalentes à celles
d'une émulsion identique coulée sur une plaque de verre. Le papier de
pâte de bois raffiné répond également aux exigences les plus élevées en
matière de permanence.6 Le papier chiffon traditionnel a ainsi disparu
du marché de la photo et a été remplacé par les mélanges stabilisés de
cellulose mentionnés ci-dessus.
Dans le papier photographique classique, une première couche de
gélatine est versée sur le support papier contenant du sulfate de baryum,
ou baryte. Parfois des durcisseurs, des azurants optiques ou des
colorants sont ajoutés pour obtenir une base opaque et lisse sur laquelle
une couche d'émulsion uniformément épaisse est versée. L'émulsion
photo-sensible contient des halogénures d'argent aux dimensions,
formes et sensibilités spécifiques, mélangés dans de la gélatine pour
permettre le développement chimique. Une couche protectrice
constituée de gélatine et de durcisseurs est appliquée au-dessus de la
couche d'émulsion. Le papier mat par exemple, est obtenu en ajoutant
un agent matant, habituellement de l'amidon ou du silicate colloïdal à
cette couche. C'est cette couche qui détermine la texture du papier photo
et donc aussi sa réflectivité comme le montre la figure suivante.
4
RASCH, R.H. et al - Highly Purified Wood Fibers as Paper Making Materials. In: Journal of
Research of the National Bureau of Standards, nov. 1931.
5
JANE, G.T. - Permanence of Paper, Eastman Kodak, 1935.
6
SCRIBNER, B.W. - Comparison of Accelerated Aging of Record Papers. In: Journal of Research of
the National Bureau of Standards, sept. 1939.