LES CAHIERS DU PHOTOGRAPHE  
Le développement des films argentiques noir et blanc pour les débutants  
Le développement des films  
argentiques noir et blanc  
Conseils pour bien démarrer  
On pourrait écrire des ouvrages en plusieurs volumes sur le  
développement et la chimie des films argentiques, notamment sur le  
choix des révélateurs.  
Mais l’on peut faire plus simple car effectivement, pour le débutant c’est  
très simple.  
Le matériel  
Peu de matériel est nécessaire : une cuve, des éprouvettes, un bain marie  
et la chimie  
La cuve  
A part pour les plan films, rares sont ceux qui développent en cuvette.  
Pour les cuves le choix le plus commun est la Paterson ou la Jobo.  
Chacune a ses adeptes. Attention aux modèles d’occasion car à l’usage les  
cuves peuvent fuir. Certains utilisateurs ne rencontrent jamais ce cas  
alors que pour d’autres c’est fréquent. Il semblerait que ceux qui stockent  
les cuves avec la couvercle et le bouchon en place auraient ce problème  
plus fréquemment. La cuve d’occasion peut donc poser un problème.  
Les spires  
La mise en spire est un peu la bête noire du débutant. Outre le fait de  
s’entraîner avant quelques conseils  
Pour le format à partir du 6 x6, les spires métalliques sont d’un emploi  
plus simple ; il y a des spires qui s’adaptent aux cuves JOBO chez Hewes  
Hewes Products Home Page  
Ce que le fabricant ne dit pas c’est qu’il faut mettre un peu plus de  
chimie dans la cuve pour éviter les zones mal développées.  
Les accessoires pour la mise en spire automatique fonctionnent assez  
mal.  
Pour les films 135 certains mettent en spire l’amorce (voir l’extracteur  
d’amorce) à la lumière du jour, mais attention aux rayures ; certaines  
cartouches peuvent poser problème.  
Un fois la spire chargée on ferme la cuve sans oublier de mettre l’axe en  
place sinon il y aura des fuites de lumière et on ferme le couvercle avec le  
bouchon.  
Généralement on met en spires quand la chimie est prête pour éviter les  
fausses manœuvres comme la cuve qui tombe ou que l’on ouvre par  
inadvertance, mais ce n’est pas une obligation.  
 
Préparation de la chimie  
Les éprouvettes et verres doseurs  
Chacun son style verre borosilicaté ou plastique ; on peut les mettre  
directement au bain marie mais elles peuvent prendre la place ;  
personnellement je mets les préparations dans de petits bacs en inox  
utilisés en restauration ; c’est à mon sens plus maniable et le bain marie  
est plus efficace car la surface de chauffe est plus large avec moins  
d’espace hors d’eau en hauteur. Les éprouvettes me servent à doser.  
Pour doser précisément il est plus facile d’utiliser une éprouvette  
légèrement plus grande, mais pas trop grande. Exemple pour doser  
200ml c’est facile en utilisant une éprouvette de 300ml et très difficile  
d’être précis en utilisant un éprouvette de 2L  
 
La température de travail recommandée  
Généralement la température de travail des bains se situe entre 20 et 24  
° ; il est toutefois possible d’outrepasser ses limites en adaptant le temps  
de développement. Sur chaque notice il est prévu un temps de  
développement standard en fonction de la température. Le photographe  
débutant doit suivre les instructions recommandées et ne pas se laisser  
séduire par les esprits forts qui font des recommandations contraires. En  
effet le processus de développement est un processus chimique qui  
dépend de la constitution du film et de la matière sensible à la lumière  
qui est directement modifié par la chimie employée, sa température de  
travail et l’agitation des bains.  
Petit à petit au bénéfice de l’expérience, le débutant pourra adapter son  
développement à sa pratique personnelle, mais il s’agit de  
perfectionnement.  
Les 3 bains doivent être de température proche ce qui est facile à obtenir  
si l’air ambiant est à température des bains.  
Le bain de lavage à l’eau courante permet un écart un peu plus large de  
5° donc le robinet thermostaté est généralement efficace  
La mise en température  
Le plus simple et le plus efficace est de faire usage d’un bain marie ; je  
préfère utiliser à cette fin des cuvettes inox que les éprouvettes car  
l’ensemble est meilleur conducteur et plus homogène ; veiller à agiter les  
bains. Plus le bac du bain marie est grand (sans exagérer) plus le  
chauffage est homogène ; on peut utiliser un thermo plongeur avec un  
petite pompe d’aquarium pour brasser l’eau  
Qualité de l’eau  
Sauf pour le révélateur la qualité de l’eau (plus ou moins calcaire) n’a pas  
d’effet sur la chimie. Pour le révélateur on peut utiliser de l’eau distillée ;  
celle du sèche-linge ou du climatiseur convient parfaitement à condition  
de la filtrer avec un filtre papier ; celui du café convient parfaitement ; en  
 
effet les eaux du sèche-linge contient des résidus pelucheux et celle de la  
climatisation des poussières du bain de récupération.  
Pour le lavage, l’eau du robinet calcaire convient mieux au lavage que  
l’eau déminéralisée qui rince imparfaitement  
La mise en spires  
La mise en spires est pour certain la bête noire du laboratoire.  
Certaines spires comme la Paterson peuvent sembler plus faciles car elles  
ont des petites boules pour bloquer le film ce qui permet une meilleure  
accroche initiale.  
Des spires encrassées par le calcaire gênent la mise en place.  
Commencez avec une seule spire à mettre en place et quand vous serez  
devenu virtuose vous passerez à deux spires.  
Pour les plans-films il est possible de développer en bac avec un peu de  
liquide vaisselle mais la combi-plan fait parfaitement l’affaire.  
Pour les récalcitrants, on peut utiliser les spires métalliques dont celles de  
HEWES sont compatibles avec les cuves Jobo ; il faut simplement  
rajouter quelques cc de liquide pour bien remplir la cuve de chimie car  
les spires métalliques sont plus fines et il faut que la chimie soit au-dessus  
des spires dans la cuve. La mise en spires avec les spires métalliques est  
en effet plus facile car il n’est pas besoin d’introduire le film entre les  
spires.  
 
Certains mettent les films en spire dans un manchon de développement ;  
les nouveaux manchons étant en toile plastifié on a facilement les mains  
moites et glissantes ; pour moi c’est très désagréable et le manchon ne  
me serait utile qu’en voyage s’il fallait développer sur place.  
L’agitation  
L’agitation de la cuve est un élément essentiel car il accélère le processus  
de développement. Bien respecter les consignes sur la notice.  
L’agitation se fait par retournement, bras tendu en tenant bien le  
couvercle pour qu’il ne s’ouvre pas. Ce n’est pas un shaker à cocktail ; le  
retournement doit être ferme et régulier ; ferme c’est-à-dire que la  
bascule doit être franche  
Durée du développement  
Suivre les instructions de la notice ; un raccourcissement ou allongement  
de la durée influe sur le développement or nous devons acquérir une  
régularité de développement pour avoir des résultats homogènes pendant  
notre vie de photographe, résultat que l’on pourra ajuster d’autant mieux  
que les process sont réguliers  
 
Process automatique  
L’avantage des process automatiques, c’est qu’ils sont répétés dans des  
conditions identiques sans les aléas, oubli ou négligence qui affecteraient  
le développement ; à la longue et si l’on développe beaucoup on fait des  
erreurs.  
Le système rotatif Jobo CPE  
Initialement prévu pour le développement des films couleurs il est très  
adapté au développement des films N&B. Attention toutefois de  
respecter les consignes constructeurs qui prévoient une modification des  
temps recommandés par le fabricant de film. Le système est constitué  
d’un tambour qui supporte une cuve Jobo et qui tourne sur son axe ;  
selon les modèles, le système inverse le sens de rotation régulièrement  
Le TAS de Heiland  
Il utilise aussi les cuves Jobo, Paterson, Combi-Plan et autres.  
La conception est différente car elle vise à reproduire le mouvement  
manuel. De multiples possibilités de réglage, temps de retournement,  
pause etc… en font un outil très précis permettant la meilleur  
reproductibilité du process de développement.  
 
Les trois bains quelle chimie choisir ?  
Pré trempage ou non ?  
Il y a longtemps le pré-trempage des films était la règle  
Le pré-trempage permettait de  
Contrôler la température du film : En chauffant le film à la  
température de développement, il évite les variations de température qui  
pourraient altérer la qualité de l'image finale.  
Améliorer l’uniformité du développement : En humidifiant le  
film, il facilite une répartition homogène des produits chimiques lors des  
étapes suivantes.  
Préparer la surface du film : Il aide à éliminer les poussières ou  
impuretés qui pourraient provoquer des défauts dans l'image.  
Il est important de respecter la durée du pré-trempage, généralement de  
30 secondes, en veillant à ce que l'eau soit à la température  
recommandée. Après cette étape, il sera traité avec les solutions  
chimiques pour révéler l'image latente.  
Aujourd’hui Ilford déconseille le pré-trempage des films alors que Kodak  
maintient cette étape.  
Bain perdu ou réutilisation des chimies  
Soit l’on développe à bain perdu, c’est-à-dire que l’on jette chaque  
préparation soit on réutilise les chimies. Dans ce dernier cas les chimies  
s’épuisent avec le temps et il faut donc allonger la durée du  
développement ; les notices des chimies indiquent les corrections à  
apporter au fur et à mesure que le produit est utilisé.  
Un révélateur ou développeur (ancien terme moins  
usité aujourd’hui)  
C’est celui qui transformera l’image latente (l’image existe mais on ne la  
voit pas) emprisonnée dans la gélatine du film en image négative. C’est le  
 
processus essentiel du développement. Il existe de nombreux révélateurs  
qui ont des caractéristiques différentes et ce débat anime les forums.  
De nombreux livres ont été écrits sur le sujet. Nous vous conseillons  
d’utiliser des produits standards pour débuter. Ilford propose une  
gamme très sûre et pertinente. Produit standard ne veut pas dire produit  
amateur ou bas de gamme ; cela veut dire que les caractéristiques sont  
polyvalentes et sans mauvaises surprises. C’est ce que vous recherchez au  
début ; être sur de réussir le développement de vos négatifs  
Révélateur en poudre ou liquide ?  
Sur le plan qualité, il n’y a pas de différence  
Le révélateur poudre se conserve éternellement dans son sachet  
d’origine. Attention on ne peut pas prélever seulement une partie du  
sachet ; en effet la densité des diverses poudres n’est pas homogène et il  
risque d’y avoir un déséquilibre lors du mélange ; il faut donc préparer  
des solutions pour être stockées. Ce que l’on appelle des solutions stock  
qui se périment dans le temps.  
Le révélateur liquide se périme une fois ouvert ; la préparation est plus  
facile car il est prêt à, l’emploi ; c’est l’équivalent de la solution stock.  
Le bain d’arrêt  
 
C’est un bain acide qui a deux fonctions  
a) Arrêter le processus de développement un peu plus rapidement  
qu’un lavage à l’eau. Quoique certains tireurs professionnels utilise l’eau  
courante, mais ce n’est pas facile dans les cuves Jobo ou Paterson  
b) Eviter de polluer le fixateur lorsque l’on réutilise le fixateur ; inutile  
si c’est un usage à bain perdu  
Il n’y a pas de différences notables entre les marques.  
Le fixateur  
Il n’est d’aucun effet d’augmenter les temps préconisés par le fabricant, si  
ce n’est de nuire à la conservation du film. Il n’y a pas de différences  
notables entre les marques.  
Divers :  
Aide au lavage washaid : diminue les temps de lavage ; attention  
hautement polluant pour les nappes phréatiques  
ILFORD Washaid est un éliminateur d'hypo formulé pour accélérer  
l'élimination des résidus de thiosulfate liés au fixateur dans le processus  
de développement photographique argentique. Il fonctionne par échange  
d'ions, facilitant ainsi le lavage rapide des films et papiers à base de fibres,  
notamment les films argentiques en noir et blanc.  
Utilisation pour les films argentiques :  
Objectif : réduire le temps de lavage nécessaire pour éliminer  
efficacement les sous-produits du fixateur, notamment les thiosulfates.  
Avantages : permet un lavage plus rapide, économise de l'eau, et  
contribue à une meilleure conservation de la qualité du film en évitant les  
résidus de fixateur.  
Dilution recommandée : 1+4 avec de l'eau.  
Capacité : environ 40 films 135/36 poses par litre dilué.  
Agent mouillant : indispensable pour les eaux calcaires, permet d’éviter  
les traces sur les films et est légèrement antistatique  
 
ILFORD Ilfotol :  
Agent mouillant non ionique conçu pour le rinçage final avant le  
séchage des films et papiers photographiques.  
Idéal pour un séchage rapide et pour réduire les marques de  
séchage.  
Peut également être utilisé comme traitement antistatique.  
Agent mouillant ADOX ADOFLO II :  
Concentré, il réduit les marques de séchage et le risque de tâches,  
tout en favorisant un écoulement optimal de l’eau.  
Effet antistatique qui empêche la surface d’attirer la poussière lors  
du séchage.  
La dilution recommandée pour les films est de 1+200.  
Ces produits sont spécifiquement conçus pour améliorer le séchage,  
réduire l'électricité statique et protéger contre la poussière lors de la  
manipulation et du séchage des films.  
Le séchage  
Pour faire sécher un film il faut l’essorer et le mettre à l’abri de la  
poussière  
Pour l’essorage  
Eviter l’usage des raclettes et autres articles prévus à cet usage car ils  
peuvent rayer les films s’ils ne sont pas propres ou trop usagés. Le mieux,  
c’est d’essorer avec la main entre le majeur et l’index, sans serrer trop  
fort.  
Mise à l’abri de la poussière  
La poussière est l’ennemi du labo-photo. Il existe des armoires de  
séchage mais le coût est assez cher. On peut en fabriquer une soi même à  
faible coût ou utiliser la cabine douche de la salle de bains. En ce car faire  
couler une douche chaude pour générer de la vapeur qui réduira  
l’électricité statique et entraînera les poussières. Suspendre le film avec  
des pinces en haut et une pince lestée en bas.  
 
Attendre entre 3 ou 4 heures.  
Le chauffage électrique n’est pas recommandé car il génère des  
poussières.  
Un ventilateur type ventilateur de PC peut être utilisée sans que l’air  
déplace de trop le film un très léger déplacement suffit ; ne pas le mettre  
sous le film mais légèrement décalé.  
Un déshumidificateur accélérera le séchage  
La mise à plat du film  
Certains films se recourbent excessivement et d’autres moins. Il faut dire  
que le film est resté un certain sur une bobine avant son usage. Pour  
éviter un curl excessif, quand le film est presque sec on peut l’enrouler en  
sens contraire dans une spire de façon à ce que la courbure naturelle soit  
contrariée par la mise en spire.  
Le rangement du film et sa conservation  
Le plus pratique est de glisser le film dans une pochette en pergamine,  
sans acide ni lignine qui soit conforme à la norme PAT - ISO 18916  
Couper le film à la longueur de la pochette aux ciseaux ou avec un  
coupe-film pour les plus méticuleux  
 
Le nettoyage des films  
Les films attirent la poussière, les traces de doigt ou de gras.  
Pour la poussière une simple soufflette suffit à s’en débarrasser.  
Pour les tâches on peut utiliser un produit spécialisé comme le Pec 12 ou  
l’alcool isopropylique.  
Les chiffons antistatiques peuvent avoir des effets désastreux si le film  
n’est pas absolument propre et contient des micro-grains qui peuvent le  
rayer.  
Pour manipuler vos films utilisez des gants non pelucheux ; les gants en  
latex sans poudre ESD (Electrostatic Discharge) peuvent utilisés ; même  
des gants ordinaires sans poudre font l’affaire car le latex ne produit de  
l’électricité statique que par frottement, par exemple lorsqu’on ôte les  
gants. On peut aussi toucher un objet du labo mis à la masse  
(agrandisseur par exemple)  
La retouche des négatifs  
La retouche des négatifs ne se conçoit que pour les films grands formats.  
Dans la première partie du XX° siècle la retouche était une pratique  
commune et certains ateliers de retouche confinait à l’art. Aujourd’hui la  
retouche est tombée en désuétude et ne se pratique que pour le plaisir.