La technique de convolution effectuée à partir du calcul de la PSF permet de prédire les
caractéristiques de l’image perçue. Chaque point de l’image initiale est affecté de la
déformation de la PSF (convolution). L’image finale est obtenue par recombinaison des points
convolués.
Image et fréquences spatiales
Une image monochrome peut être également décomposée en une combinaison de fréquences
spatiales : chacune de ces fréquences correspond à un réseau composé de bandes
alternativement sombres et lumineuses (lumière monochromatique), pouvant être orientées de
façon variable au sein de l’image. Un cycle est une paire de ces bandes (l’une sombre, l’autre
claire).
Le nombre de paires de bandes sombres et claires par unité d’angle (cycles par degré) défini
la valeur de la fréquence spatiale.
Chacune des fréquences présentes dans la décomposition de l’image est pondérée par une
valeur qui reflète son « amplitude », c’est à dire l’écart de luminance entre la partie la plus
sombre et la plus brillante du réseau.
La superposition de ces différents réseaux de fréquence spatiale permet de recomposer
l’image fixée.
Le fait qu’une image puisse être décomposée en un ensemble de signaux périodiques
élémentaires appelés fréquences spatiales découle de l’analyse de Fourier qui s’applique à
pratiquement n’importe quel signal complexe. Cette approche, familière pour le physicien,
l’électronicien ou le spécialiste en traitement du signal est toutefois moins ordinaire pour le
clinicien, plus habitué à se représenter un motif visuel comme la juxtaposition de points
lumineux.
Afin de la rendre plus familière, cette méthode peut être assimilée à la décomposition
spectrale d’un son en différentes fréquences sonores. Le spectre de ces fréquences spatiales
s’étend des plus basses (les « graves » qui correspondent aux éléments les plus grossiers de
l’image), aux plus élevées (les « aigus », qui permettent la représentation de détails fins). La
MTF calculée pour l’ensemble des dioptres oculaires peut être rapprochée pour la fonction
visuelle de la courbe audiométrique (audiogramme) où l’on s’attache pour étudier la
sensibilité auditive à déterminer le seuil d’intensité de perception pour chaque fréquence
sonore.
Ainsi, l’examen courant de l’acuité visuelle n’explore la capacité de résolution oculaire
horizontale pour une cible de contraste maximal et se limite à l’information contenue sur l’axe
horizontal de la MTF. Il reviendrait pour un examen audiométrique à ne tester la perception
auditive des différentes fréquences sonores qu’à volume maximum !
Les fréquences spatiales, en nombre de cycles/degré d’angle, sont en abscisses de la courbe
MTF. Plus il y a de cycles par degré, plus la fréquence spatiale est fine.
Les fréquences spatiales ont un effet variable pour la perception visuelle. On a montré par
exemple que la reconnaissance de motifs comme des visages ou des paysages familiers se fait
essentiellement à partir de la juste perception de fréquences spatiales moyennes .