photographes utilisent peuvent voir des effets nocifs. Même la
photographie numérique, nécessite une étape où intervient la chimie. La
fabrication des papiers et des encres pour imprimantes met en jeu un
savoir faire chimique en constant progrès. Les propriétés biologiques de
ces encres ne sont pas bien connues, mais comme il est pratiquement
impossible d'entrer en contact avec elles et encore moins d'en absorber, le
danger éventuel qu'elles pourraient présenter est faible.
Pour obtenir une image photographique, qui par définition utilise les
propriétés de la lumière (photo en grec), il existe dans la plupart des cas,
deux étapes. La première, souvent très courte (avec les procédés
argentiques), est photochimique : l'énergie lumineuse provoque une
modification dans la structure d'un composé (pré-réduction d'un ion
d'argent, réduction d'un sel ferrique, transformation d'un colorant,
ionisation d'une surface etc.). La seconde, obscure, a pour but de
consolider les effets de cette première étape, en révélant l'image s'il y a lieu,
et en la fixant. Une troisième étape, facultative, consiste à modifier l'image
initiale pour en changer l'aspect (virages par exemple). En photographie
numérique, on retrouve ces deux étapes, la première, très courte,
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recueille les informations lumineuses sur des capteurs physiques, la
seconde plus longue est celle du stockage puis de l'exploitation de ces
informations.
Toutes ces étapes ont fait l'objet d'un nombre considérable de travaux et
de très nombreux réactifs chimiques ont été essayés depuis l'invention de
la photographie en 1839. Dans la pratique moderne, très peu de personnes
ont à manipuler ces produits. La fabrication des surfaces sensibles est
pratiquement entièrement automatisée. Il en est de même de leur
"traitement" par les grands laboratoires. Des règles strictes ont été édictées
pour la protection des personnels et le traitement des effluents produits.
Il subsiste cependant un petit monde de passionnés, dont nous faisons
partie, qui procèdent entièrement à la création de leurs images, depuis la
fabrication des surfaces sensibles jusqu'à leur présentation dans un
encadrement ad hoc, en passant bien entendu par l'étape essentielle, celle
de la prise de vue. Etant donnée la grande variété des substances qui
entrent en jeu dans les procédés photographiques, anciens et modernes, il
est sans doute utile d'en connaître les effets biologiques.