LES CAHIERS DU PHOTOGRAPHE  
Choix du film, du révélateur et du papier  
pour le débutant  
Choix du film, du révélateur et du papier.  
Tour d’abord, ne pas oublier et garder à l’esprit que la photographie est  
un procédé chimique qui fait réagir les halogénures d’argent  
emprisonnées dans la gélatine d’un film avec des produits chimiques  
(révélateur), permettant ainsi de faire apparaître l’image sur le film après  
traitement.  
Par ailleurs, l’émulsion est sensibilisée selon les éléments d’éclairage  
reçus ; autrement dit par les conditions de la prise de vue (quantité de  
lumière, contraste, vitesse, ouverture, etc.)  
Une prise de vue, à midi, en plein soleil d’été dans le sud de la France, ne  
sensibilisera pas l’émulsion comme une prise vue faite au lever du soleil,  
dans une forêt brumeuse d’automne ; par ailleurs, les émulsions, ayant  
des composés chimiques différents, ne réagissent pas de manière  
identique, bien qu’elles reçoivent des luminations de même valeur.  
De même les divers traitement et manipulations appliqués lors du tirage  
sur papier influent tout aussi considérablement sur le résultat final.  
Il y a donc dans ce traitement physico-chimique un ensemble d’éléments  
qui conduisent à des résultats différents selon la diversité des  
composants employés.  
Ceci est rappelé pour faire prendre conscience que les éléments du  
couple film/révélateur/tirage sont indissociables et interdépendants, ce  
qui conduit à affirmer que toute modification de l’un ou de l’autre influe  
sur la qualité de l’image, une fois le film développé puis tiré. Exemple un  
film HP5 développé dans le Kodak HC110 n’aura pas le même aspect  
que le même film développé dans de l’Ilford DDX et sera restitué  
différemment sur les différents papiers disponibles.  
Ainsi sachant qu’il y a à peu près 15 marques de films en noir et blanc sur  
le marché qui peuvent être exposés chacun en 3 sensibilités différentes,  
que leur température de développement peu varier d’un écart de 4 degrés  
et qu’il y a 10 révélateurs principaux et quelques dizaines de papiers  
différents, on considèrera que le nombre de combinaisons possibles  
dépasse le millier et qu’il est donc impossible de toute tester  
sérieusement.  
Toutefois, l’expérience et la pratique indique que les films, les papiers et  
les révélateurs ont des caractéristiques significatives ; par exemple pour  
les films  
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Ou encore pour les révélateurs  
ID11  
Rev, pour film peu sensible grain très fin; diminue le contraste  
Pour pousser les films, augmente le contraste  
Le meilleur équilibre  
DDX  
HC110  
Des tests comparatifs assez sérieux ont été faits par différents  
photographes. (Par exemple Monsieur Merillot ) C’est une indication,  
mais ce n’est pas une vérité, car les conditions des tests présentent  
toujours des biais qui altère le résultat ; le réglage du scanner, son  
modèle, sa marque, ses capacités influent sur la perception du résultat.  
Les avis et retours d’expérience publiés sur internet doivent être  
considérés avec précautions : quel est l’expérience de l’auteur, quelles est  
son niveau de connaissance théorique ?  
Comment bien choisir son film et son révélateur pour un débutant  
?
Généralement, le débutant demande conseil auprès de divers gourous et  
prophètes et passe quelques années à chercher la martingale idéale.  
Tout aussi généralement, il finit par la trouver au bout de quelques  
années, car il a en fait acquis une certaine maîtrise et, dès lors, il se  
transforme en nouveau gourou, en proclamant haut et fort qu’il a la  
martingale idéale car il est satisfait de son travail ; enfin lui est satisfait.  
Chahuté par tous ces avis, souvent contradictoires, le débutant ne sait  
plus à quel saint demander conseil pour guider ses premiers pas.  
Méthode de progression.  
Pour progresser rapidement, il faut avoir des éléments stables de  
comparaison qui permettent de se construire son propre référentiel en se  
souvenant des expériences passées.  
Malheureusement, on ne peut se fier exclusivement aux notices  
techniques des films, révélateurs et papiers qui sont d’une précision très  
relatives ; disons que c’est une bonne indication de départ, dont il faut  
tenir compte, mais en réalité, c’est vous, par comparaison avec votre  
expérience passée, qui créerait votre référentiel ; en effet les notices sont  
fondées sur des normes et indiquent des conditions et réalisations  
« moyennes » ; comme dit l’adage, « bon à tout et bon en rien ».  
En fait le développement et le tirage argentique se construisent  
selon votre propre technique et avec votre propre expérience.  
Comme vous ne passez pas vos jours et vos nuits au labo, vous  
comprendrez immédiatement que pour pouvoir tirer le meilleur partie de  
vos films, révélateurs et papiers en fonction de vos propres expériences,  
vous avez intérêt à limiter le nombre de combinaisons possibles.  
En conclusion de cette première approche, choisissez un type de  
film ou deux, un ou deux révélateurs et un ou deux types de papier.  
Sachant qu’en argentique noir et blanc, les films peuvent encaisser de -2 à  
+2 diaphs d’écart (voir plus), contentez-vous d’un film 400 asa que vous  
réglerez selon la luminosité (pour toute la bobine bien évidemment)  
Avec ce faible nombre de matériaux que vous aurez choisi, vous serez  
mieux à même de visualiser les réglages que vous souhaitez apporter en  
ayant un référent d’expérience qui vous permettra de comparer les  
résultats ; ceci sera d’autant plus important lorsque vous manierez des  
techniques plus complexes comme la pré-lumination des papiers ou  
l’affaiblissement des négatifs ou des tirages ou encore le réglage de la  
sensibilité du film en fonction de l’éclairement.  
En résumé, vous progresserez sans vous perdre!  
Quelle marque choisir pour bien démarrer?  
Votre premier but étant de vous constituer un référentiel, c’est-à-dire un  
étalon de mesure qui vous permettra de faire des comparaisons avec  
d’autres produits et matériaux, il est judicieux de poser son choix sur une  
grande marque et les produits de conseillés de cette marque.  
Nous sommes bien d’accord que ce ne sera pas forcément en adéquation  
avec vos goûts et choix futurs mais il est plus simple de commencer à  
tirer avec des produits neutres qu’avec des matériaux plus froids ou plus  
chauds ou sur des textures de papier original.  
Ilford est une excellente marque pour débuter et pour faire ses premiers  
essais.  
Au fur et à mesure vous ferez vos expériences qui vous guideront peut  
être vers des solutions plus « exotiques ».