Le maquillage lors du tirage en photographie argentique

Démarré par Magazine-Photo, Déc 28, 2024, 11:14 AM

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Le maquillage lors du tirage en photographie argentique.

Une photographie agrandie avec un seul temps de pause, même si elle est satisfaisante du point de vue de son contraste global est rarement satisfaisante à l'œil.

Explications:

L'œil est capable de percevoir simultanément avec une infinité de détails les scènes observées présentant des contrastes élevés.

Si l'on mesure avec un posemètre l'écart des luminance extrêmes d'un sujet contrasté, on atteint facilement un écart de 10 diaphragmes. Une scène très peu contrastée va au contraire présenter un écart de 3 diaphragmes seulement. Notre perception visuelle s'accommode non seulement parfaitement de cette situation, mais surtout, cet écart de luminance, contribue à l'esthétique de la perception .

Un film agit un peu à la façon d'un œil, car il est capable d'enregistrer des détails sur des grands écarts de luminosité.

Mais, au contraire du film, si l'on mesure avec un posemètre l'intervalle des luminances entre le noir le plus profond et le blanc le plus pur, que peut produire une feuille de papier photographique, on s'aperçoit qu'il existe au maximum 6 diaphragmes d'écarts.

Le support papier nous oblige donc à réduire les nuances des contrastes pour les « caler » dans l'intervalle de luminance du papier, ce qui diminue la perception esthétique que nous ressentons, le tirage papier paraissant plus plat et uniforme que la réalité.

Pour les sujets peu contrastés, il faudra au contraire étendre le contraste pour lui redonner un peu de vie, car l'uniformité retient mal l'attention du spectateur.

L'art du tireur consiste en fait à oublier la situation de la prise de vue pour interpréter la scène de façon satisfaisante sur le papier en tenant compte des contraintes imposées par celui-ci. En quelque sorte, le tireur va souligner ou adoucir certaines zones comme le dessinateur le ferait au crayon ou à la gomme pour "donner du volume" à son image.

Une fois défini, un temps de pause globalement satisfaisant et le contraste du papier, on détermine donc si l'on doit retenir et faire venir certaines parties de l'image pour recréer une perception nuancée de la scène.

Retenir consiste à empêcher la lumière d'atteindre certaines zones de la feuille de papier pendant l'exposition pour les éclaircir.

Faire venir consiste à exposer longuement d'autres régions de la photographie pour les foncer.
Les papiers à contraste variable représentent ici un atout majeur, car on peut retenir ou faire venir plusieurs parties de l'image, ce qui nous permet en fait de redessiner l'image pour la rendre plus séduisante à l'œil.

Le maquillage est donc une technique de retouche fondamentale en photographie argentique.

Voici les points essentiels à retenir :


  Définition : Le maquillage consiste à masquer des portions spécifiques d'une photographie pendant l'exposition sous l'agrandisseur. Cela permet de modifier uniquement les zones qui nécessitent des ajustements, comme l'exposition ou le contraste

  Outils utilisés : Pour réaliser cette technique, divers outils peuvent être employés, tels que les mains, des plumes d'oiseaux, des morceaux de carton, des tissus d'opacité diverse , bref tout artifice de votre imagination qui vous serait utile. Ces éléments servent de caches pour protéger certaines parties de l'image de l'exposition à la lumière.

   
    Effets de dégradés: Il est possible de créer des contours progressifs en ajustant la hauteur à laquelle le cache est placé ; on peut ainsi obtenir des dégradés de lumière, ajoutant ainsi de la douceur aux transitions entre les différentes zones de l'image.

    Importance : Le maquillage permet d'apporter des modifications précises et ciblées, contribuant à l'amélioration de la qualité visuelle des tirages argentiques.

  En résumé,: le maquillage est une technique essentielle qui illustre la créativité et le savoir-faire en photographie argentique, permettant d'obtenir des résultats visuels satisfaisants pour le spectateur.