Nouvelles:

SMF - Just Installed!

Menu principal

Labo argentique l'utilité du bain d'arrêt

Démarré par Magazine-Photo, Août 28, 2025, 05:21 PM

« précédent - suivant »

Magazine-Photo

Je vous fais partager un excellent artiche de Chenz, photographe éminent qui tenait une rubrique savante dans le magazine Photologie que je viens de retrouver.

Tous est dit et bien dit:

Le bain d'arrêt

Les praticiens sont divisés en matière de bain d'arrêt. Certains les estiment indispensables ne fût-ce que pour protéger les bains de fixage ultérieur, d'autres les trouvent nuisibles, du fait des risques de réticulation qu'ils entraînent. En fait, concernant ces risques, il ne faut rien exagérer, les films modernes sont suffisamment tannés en fabrication pour supporter quelques variations de PH sans dommage ; car c'est de cela qu'il s'agit : l'arrêt du développement est provoqué par le passage de la surface sensible en phase acide au sortir du révélateur, et c'est aussi simple que cela.

La plupart des révélateurs fonctionnent en milieu alcalin mais il y a des exceptions et la baisse du PH freine, puis stoppe leur activité. Les bases de fixage étant généralement également acides, l'arrêt du développement peut se produire à ce moment, sans qu'il soit nécessaire d'intercaler un bain particulier.

Dans la pratique nous distinguons les traitements des films de ceux des papiers. Le bain d'arrêt n'est pas indispensable en traitement film et c'est d'ailleurs dans ce cas particulier que d'aucuns ont relevé la possibilité d'une réticulation, et en tout cas d'une sensible remontée de la granulation. Je n'ai pas pu mettre ce phénomène franchement en évidence, mais les méfiants pourront se contenter d'un rapide lavage à l'eau, entraînant l'arrêt du développement par dilution du révélateur. C'est d'ailleurs le principe adopté par nombre de traitements couleur, avec une très bonne fiabilité.
On évitera les risques de réticulation en limitant les écarts de température entre bains et eau de lavage. Quelques secondes de lavage suffisent largement et protège efficacement le fixage ultérieur.
En ce qui concerne les papiers, le problème est un peu différent : on sait que les bains de fixage sont sensiblement affaiblisseurs et ce d'autant plus qu'ils sont concentrés. On a donc intérêt à effectuer le fixage de ces preuves pendant le temps strictement nécessaire pour conserver au noir leur valeur optimale.;

C'est alors une bonne méthode de travail, lorsqu'on est parti pour une longue séance de tirage, que de laisser les épreuves sortir du révélateur, mariner dans une solution acide neutralisant le développement jusqu'à la fin des travaux. L'ensemble est alors mis au fixage pour le temps laissé, toutes les épreuves étant fixées pendant le même temps. La méthode présente l'avantage supplémentaire avec les papiers traditionnels, de ne pas entraîner une absorption différente d'hyposulfite suivant les épreuves et partant, de réduire le temps de lavage totale à conservation optimale.

Le bain d'arrêt le plus couramment utilisé est une simple solution d'acide acétique à 4% soit 40 cc d'acide pour un litre d'eau. La quantité n'est d'ailleurs pas critique et tout bain d'arrêt est satisfaisant si son PH est inférieur à 4,8. Il n'est pas nécessaire de se procurer à prix d'or de l'acide acétique à 100% d'y PA ; la qualité technique 98% ou encore glaciale convient parfaitement ; il ne faut pas non plus tomber dans l'excès inverse et barboter à la cuisine le vinaigre de vin familial qui outre une teneur en acide acétique plutôt faible, présente l'inconvénient d'être rempli de tanins et de bactéries diverses bonnes pour nous, mais pas pour la gélatine. À la rigueur et en cas de rupture de stock, le vinaigre d'alcool blanc peut faire l'affaire, mais c'est vraiment limite. Il faut compter dans ce cas une dose 8 à 10 fois plus grande que si l'on a recours à l'acide acétique industriel. Ça finit par faire cher !

D'autres facteurs acides conviennent également : l'acide citrique (Ilfostop), le métabisulfite de de potassium à 5%, le bisulfite de sodium, le citrate de soude etc.. voire même des solutions sulfuriques tamponnées. Il faut prendre garde cependant aux acides forts, surtout à l'acide chlorhydrique, qui attaquent l'argent de l'image.

 Il est intéressant de connaître en cours de traitement l'état de PH du bain ; on peut utiliser à cette fin des indicateurs colorés : le vert de bromocrésol et jaune à PH 3. ,8 et bleu à PH 5.4 ; le rouge Congo est jaune à PH 5 bleu à PH 3. Ces indicateurs peuvent être ajoutés en faible quantité au bain directement. En lumière rouge ou jaune, il est alors facile de se rendre compte de son état. Ils ne sont intéressants que pour les bains à l'acide acétique les bains à l'alun de chrome sont naturellement violés à l'état 9 et virent au jaune vert lorsqu'ils sont usagés.

.